Championnat
du Monde des Rallyes
2001
Safari
Rally - Kenya
(8ème manche)
Hakuna
Matata !
(Pas de problème)

Tommi Mäkinen
- Mitsubishi Lancer
Tommi Mäkinen et sa Mitsubishi Lancer ont survolé la huitième manche du Championnat du Monde 2001. Le Finlandais met ainsi fin à une série de trois victoires consécutives de Colin McRae et reste seul en tête du championnat. Harri Rovanperä place sa Peugeot 206 WRC sur la deuxième marche du podium devant la surprenante Skoda Octavia WRC d'Armin Schwarz. Mitsubishi a marqué ce Safari de son empreinte en finissant premier et cinquième mais également en plaçant cinq voitures aux cinq premières places du Groupe N remporté par Gabriele Pozzo.
Avant le départ, Peugeot allait beaucoup faire parler les journalistes présents à Nairobi en ne nominant pas Didier Auriol pour le Championnat Constructeurs, Jean-Pierre Nicolas ayant préféré Harri Rovanperä aux côtés de Marcus Grönholm. Attitude surprenante quand on sait que le Millavois, alors qu'il courait chez Seat l'an dernier, avait terminé troisième, le seul podium de la Cordoba de l'année… Autant dire que Didier était assez énervé et ne réussissait pas à comprendre le message (dixit Peugeot Sport) qu'essayait de lui faire passer les responsables… Ambiance !.. Et Peugeot n'avait pas fini d'alimenter les chroniques (voir plus loin) !

Harri Rovanperä
- Peugeot 206 WRC
La première étape, longue de 814 km dont 352 chronométrés,
va décimer les écuries officielles. C'est l'étonnant Armin Schwarz qui impose
sa Skoda dans le premier secteur chronométré, long de 118 kilomètres… Une mise
en bouche digne d'une épreuve complètement atypique, qui ne ressemble à aucune
autre manche du mondial. C'est la première fois de son histoire que le constructeur
tchèque est en tête d'une épreuve du Championnat du Monde ! Tommi Mäkinen est
deuxième à 4" (après 55' de course) et Colin McRae troisième à 24". A signaler
l'absence de l'écurie Hyundai qui a préféré faire l'impasse sur l'épreuve africaine.
Premier abandon de marque, celui du vainqueur de l'édition 2000, Richard Burns.
Il prend le départ bien décidé à réitérer son exploit de l'an dernier, mais
après 50 km, endommage la suspension avant gauche de sa Subaru et doit jeter
l'éponge. Mäkinen remporte le secteur suivant (50 km) et s'empare de la tête
qu'il conservera jusqu'au podium final. McRae ne va pas tarder à rejoindre la
liste des abandons. Suite à des problèmes de direction, Il sort de la route,
repart et ressort définitivement juste après l'arrivée du troisième secteur
(113 km) remporté par Carlos Sainz. Ce dernier signe un deuxième scratch dans
le quatrième et dernier secteur de la première journée (72 km) qui voit disparaître
deux des trois Peugeot. Marcus Grönholm casse un élément de direction en heurtant
une pierre et Didier Auriol sort violemment causant l'incendie complet de sa
206.
Didier Auriol :
" Il pleuvait très fort, le pare-brise était embué et j'ai ouvert la vitre.
En raison du bruit extérieur, je n'ai pas entendu une note que m'avait annoncée
Denis. Nous sommes arrivés à fond dans une saignée alors que nous aurions dû
l'aborder en troisième ou en seconde… L'auto est partie en tonneau par l'avant,
peut-être deux ou trois fois, avant de s'immobiliser sur ma portière. Le feu
a pris instantanément et j'ai dû attendre que Denis sorte avant de pouvoir m'extraire
de la caisse. Je suis content d'être là car la sortie a été très violente. La
206 est entièrement détruite. ".
Autre retrait chez Subaru, celui de Toshihiro Araï, suspension avant arrachée.
Mäkinen, épargné par les problèmes, conclut la première journée en tête, avec
1'32" d'avance sur Sainz et 3'54" sur Rovanperä. 15 équipages ne répondent plus
à l'appel sur les 41 ayant pris le départ.

Armin Schwarz -
Skoda Octavia WRC
Sainz est la première victime de la deuxième étape
(1.327 km dont 425 répartis sur cinq secteurs chronométrés), concentrée autour
de Nakuru, juste sous l'équateur. Quelques kilomètres après le départ de la
première section, l'Espagnol doit se retirer suite à un problème moteur.
Carlos Sainz : " Après 35 km, nous avons dû ralentir
car il y avait un animal au milieu de la piste. Le moteur s'est mis à tourner
sur trois cylindres et a calé. Nous n'avions eu aucune alerte précédemment.
Il semblerait que ce soit un piston qui a bloqué le moteur. C'est très décevant…
Nous étions bien placés pour nous battre avec Tommi et pour gagner ici. "
.
Ces 124 km voient la Subaru de Petter Solberg et la Peugeot de Rovanperä aux
premières places devant Mäkinen. La hiérarchie en tête s'établie ainsi : Mäkinen,
Rovanperä, Solberg. Ce sera le classement jusqu'à la fin de la journée. Les
pilotes Mitsubishi et Subaru vont se partager les meilleurs temps, alors que
l'équipe Peugeot demande à Rovanperä d'assurer la seconde place sans prendre
de risques. Mäkinen conserve la tête avec 6'14" d'avance sur Rovanperä et 10'24"
sur Solberg.

Petter Solberg
- Subaru Impreza WRC
L'ultime étape, identique à la première, commence
mal… Faute d'hélicoptères !
Il faut savoir que tous les pilotes officiels disposent d'un hélicoptère qui
les précède et leur signale par radio les éventuels obstacles sur la piste,
animaux ou voitures, le Safari étant le seul rallye se déroulant entièrement
sur des routes ouvertes à la circulation.
Mitsubishi mis à part, toutes les écuries avaient laissé pour la nuit, leurs
hélicos sur un aérodrome situé au sud de Nairobi, au cœur des spéciales. Au
matin, le manque de visibilité sur place les cloue au sol… Mäkinen, dont l'hélico
arrivait de Nairobi, s'élance sans problème, suivi de Rovanperä qui profite
d'un hélico de l'organisation. Solberg et les pilotes suivants, ne disposant
d'aucun moyen aérien, refusent de prendre le départ pour des raisons de sécurité.
Après plus d'une heure et demi, la course peut reprendre là où elle en était
restée, avec cependant l'annulation du second secteur de l'étape afin de rattraper
le retard. Solberg est contraint à l'abandon après avoir arraché une roue avant...
Exit les Subaru. François Delecour, qui effectue un très belle course au volant
de la dernière Ford Focus WRC en course, signe le troisième temps derrière Mäkinen
et Rovanperä, avant de remporter les deux derniers secteurs. Le Français rentre
à Nairobi en quatrième position, mais sans rapporter de points à Ford, n'étant
pas nominé. Au départ de la dernière spéciale, on compte deux Mitsubishi (Mäkinen
et Loix), une Peugeot (Rovanperä) et deux Skoda (Schwarz et Thiry) dans les
points. Le belge, alors sixième, ne verra pas l'arrivée… Il sort violemment
et doit laisser son Octavia sur la piste à quelques kilomètres du podium. Ce
secteur a failli être également fatal à Rovanperä, qui casse deux transmissions
mais réussit cependant à rejoindre l'assistance et Nairobi à la deuxième
place.
Jusqu'au dernier moment , le résultat final est donc resté indécis, sauf en
ce qui concerne Mäkinen dont la seule mésaventure a été la rencontre, violente,
entre un oiseau et le pare-brise de sa Mitsubishi dans la première spéciale
du rallye… Hakuna Matata (Pas de problème en swahili) ! A noter que le
classement final ne devait être officialisé que tard dans la soirée
suite à une réclamation déposée par l'écurie
Ford contre Rovanperä... Voir
l'encadré
Sur les 17 voitures parties le matin, 15 sont à
l'arrivée. Pour la première fois de la saison, tous les points Constructeurs
ne sont pas attribués. Seules trois écuries marquent des points : Mitsubishi
13, Peugeot 6 et Skoda 4. Après l'abandon de Thiry, c'est Gabriele Pozzo qui
se hisse à la sixième place et remporte le Groupe N sur sa Mitsubishi Lancer.
La lutte aura été très serrée dans cette catégorie entre les deux Argentins,
Pozzo et Marcos Ligato, ce dernier échouant à seulement 4 secondes du vainqueur
après plus de onze heures de course ! Mitsubishi écrase le groupe en plaçant
cinq Lancer Evo 6 aux cinq premières places.
Après les déboires rencontrés ici l'an dernier face à Pirelli, Michelin inaugurait
une nouveau type de pneumatiques. Le champagne a dû couler à flots à Clermont-Ferrand
puisque le podium final est entièrement "chaussé" Michelin.
Pierre Dupasquier : " Nous sommes heureux que Tommi,
comme les autres pilotes équipés de pneus Michelin, ait pu effectuer cette épreuve
sans rencontrer de problèmes majeurs liés à des crevaisons ou déjantages. C'est
une récompense pour nos techniciens et les ingénieurs des écuries avec lesquelles
nous avons travaillé pour mettre au point les types de pneumatiques que nous
leur avons fourni ici. "

François
Delecour - Ford Focus RS
Classement final
:
1 - Mäkinen / Mannisenmaki - Mitsubishi Lancer - 8h58'37"
2 - Rovanperä / Pietilainen - Peugeot 206 WRC - à 12'37"
3 - Schwarz / Heimer - Skoda Octavia WRC Evo 1 - à 17'35"
4 - Delecour / Grataloup - Ford Focus RS - à 30'36"
5 - Loix / Smeets - Mitsubishi Carisma GT - à 1h44'02"
6 - Pozzo / Stillo - Mitsubishi Lancer Evo 6 - à 2h06'46" - 1er
Groupe N
...
15 classés sur 41 partants.
Gabriele Pozzo
- Mitsubishi Lancer Gr.N
Vainqueurs de secteurs chronométrés
:
Mäkinen 4 - Solberg 3 - Sainz & Delecour 2 - Schwarz 1
Leaders successifs
:
SC 1 : Schwarz - SC 2 à 13 : Mäkinen (SC 11 - Annulé)

Richard Burns -
Subaru Impreza WRC
Principaux abandons
:
Burns - Suspension SC 1
McRae - Direction SC 3
Auriol - Tonneaux et incendie SC 4
Grönholm - Direction SC 4
Araï - Suspension SC 4
Sainz - Moteur SC 5
Dor - Suspension SC 6
Blomqvist - Radiateur SC 6
Solberg - Roue arrachée SC 10
Thiry - Sortie SC 13
© Animrallye 2000 - Dernière mise à jour : vendredi 10 août, 2001 19:44 CET