MONACO : UNE VILLE, UN PAYS, UNE CULTURE

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Gros plan sur la culture monégasque : découvrez la face cachée du Rocher

Aussi bizarre que cela puisse paraître, cette petite parcelle de terre que nous apercevons, coincée entre mer et montagne, où s'agglutinent des gratte-ciel, un Palais princier, un stade de football et un casino n'est autre qu'un pays, un état indépendant : Monaco.

Monaco, beaucoup en parlent mais peu connaissent. Bien souvent les mots belles voitures, casino ou argent s'amoncellent au fil des pages des magazines people et suffisent à la grande majorité des gens pour leur représenter une image de cette ville. Si l'Italie ne se résume pas seulement à un plat de pâtes, Monaco ne s'arrête pas non plus à un palmier surplombé par le toit du casino…

Sur le Rocher on parle, mange, danse, chante Monégasque ! Cela ne date pas d'hier, cela s'est construit tout au long de l'histoire de ce pays qui a commencé voici plus de 700 ans... Monaco sait être à la fois un État moderne mais aussi une ville fidèle à ses racines.


La langue monégasque
 

Elle n'est plus parlée que par les anciens. Si vous faites un tour du côté du marché de la Condamine, vous entendrez peut-être au détour d'un étal les syllabes chantantes de ce mélange savoureux à la limite de l'Italien et du patois niçois.

Cette langue est encore enseignée dans les établissements de la Principauté, si bien que tout élève qui a fait sa scolarité ici, qu'il soit Français, Danois ou Monégasque est très tôt imprégné par la culture locale. On la retrouve un peu partout en ville, sur les enseignes des magasins ou bien au stade sur les banderoles des supporters avec la phrase désormais célèbre "Daghe Munegu" (qui veut tout simplement dire : "Allez Monaco"). D'autre part, la devise de Monaco, qui figure également en bonne place au stade, est "Deo Juvante", ce qui signifie "avec l'aide de Dieu".

L'hymne monégasque (cliquez pour l'écouter) :

Refrain : Despœi tugiù sciü d'u nostru paise - Se ride au ventu, u meme pavayùn - Despœi tugiù a curù russa e gianca - E stà l'emblema, d'a nostra libertà ! Grandi e i piciui, l'an sempre respetà.

N'amu ch'üna tradiçiùn - N'amu ch'üna religiùn - Amu avüu per u nostr'unù - I memi Prìncipi tugiù - E ren nun ne scangerà - Tantu ch'au cielu u suriyu lüjerà - Diu n'agiüterà - E ren nun ne scangerà (refrain)

Nun sëmu pa gaïre, Ma defendemu tüti a nostra tradiçiun ; Nun sëmu pa forti, Ma se Diu vœ n'agiüterà !

Pour plus d'infos sur l'hymne monégasque, cliquez ici



La cuisine locale

Le met le plus célèbre ici est sans doute le barbagiuan. Il s'agit d'une sorte de beignet, à base de feuilles de blettes enrobés dans une pâte à tourte. Pour l'anecdote, cette spécialité traditionnelle par excellence à donné son nom à l'équipe de football du Prince Albert : les Barbagiuans. En Monégasque, barbagiuan signifie "oncle Jean". C'est délicieux pour l'apéritif, et avant les matches du côté de chez A Roca, à deux pas du Stade !

En cas de victoire on ne saurait vous conseiller une bonne Fougasse monégasque, d'ailleurs ce dessert du pays est tellement délicieux qu'il nous en fait oublier le goût amer d'une éventuelle défaite ! Prenez de la farine, du beurre, de l'huile, mélangez le tout avec un peu de rhum et de l'eau de fleur d'oranger vous obtenez une pâte sur laquelle vous allez déposer du sucre, des amandes effilées, des grains d'anis rouges et blancs (bien sûr !) et quelques dragées, et le tour est joué !

Ce sont les deux spécialités les plus célèbres mais il y en a d'autres comme la pissaladière, le pan-bagnat, les raviolis, les farcis, le stockfish… des spécialités que l'on retrouve aussi dans les Alpes-Maritimes mais préparées différemment.

   
Les barbagiuans
La pissaladière
La Fougasse monégasque


Les traditions
 

19 Novembre, 27 Janvier. Ces dates n'évoquent rien de particulier pour vous ? A Monaco si ! Les habitants de la ville savent maintenir ces traditions dont voici les principales caractéristiques.

Pour commencer l'année nous avons la Sainte-Dévote le 27 Janvier, il s'agit de la sainte Patronne de la Principauté, son histoire est commémorée tous les ans à cette date par une procession et l'embrasement d'une barque en bois sur la place de l'église qui porte son nom - l'église Sainte-Dévote - et bien sûr par le lâcher d'une colombe.

Une tradition vieille d'exactement 1700 ans qui commémore le souvenir d'une jeune martyre corse, Devota, torturée et mise à mort à l'époque de la grande persécution des Chrétiens. Son corps fut enlevé puis placé sur une barque en direction l'Afrique où les Chrétiens pensaient pouvoir lui donner une sépulture décente. Mais une tempête se leva et c'est alors qu'une colombe, sortie de la bouche de Dévote, guida la barque jusqu'à Monaco où elle vint s'échouer. La martyre y fût ensevelie le 27 janvier 304, à l'emplacement de l'actuelle église Sainte-Dévote. Depuis, chaque 27 janvier est un jour important pour tous les Monégasques.

La légende de Sainte-Dévote a été mise en paroles par le poète monégasque Louis Notari (1879-1961). Son poème, "A Legenda de Santa Devota" fut à l'origine du renouveau de la langue monégasque qui fut dès lors l'objet de thèses en France et à l'étranger.

Puis au printemps vient la Semaine Sainte avec les différentes processions (notamment dans les rues du Rocher) organisées et réalisées par la "Vénérable Archiconfrérie des Pénitents Noirs de la Miséricorde".

Un autre Saint célèbre et populaire de la principauté est Saint-Roman. Du nom d'un légionnaire romain martyrisé le 9 août 258 par l'empereur Valérien. Saint-Jean a, lui aussi, droit à des célébrations festives tous les ans le 23 Juin, sur la place du palais où l'on allume le fameux feu de la Saint-Jean, allumé par deux valets du Palais princier en livrée d'apparat. Et c'est sous les applaudissements de la foule que les plus intrépides sautent d'un seul élan ce feu !

Les musiques et les danses traditionnelles sont également toujours maintenues sur le Rocher, notamment par un groupe folklorique monégasque "La Palladienne". On peut les apercevoir lors de fêtes telles que la Sainte-Dévote ou de la Saint-Jean.

Mais la fête qui rassemble plus de monde à Monaco est sans aucun doute la "Fête du Prince". Chaque année, le 19 novembre, les Monégasques célèbrent la Fête Nationale et témoignent de part leur présence et leur enthousiasme de leur attachement au Prince et à sa Famille.

C'est donc dans le respect de ces traditions (sans oublier le Carnaval, le Noël Monégasque avec le Pan de Natale, la Saint-Blaise, ou bien encore le Bal de la Pignata et la Saint-Nicolas) que Monégasques et enfants du pays évoluent, respectant à la fois l'histoire de ce pays et la mémoire des anciens qui continuent à promouvoir l'âme monégasque depuis des générations.


Nous pourrions encore en parler des heures mais tout ce qui vient d'être cité n'est qu'une infime part de la partie submergée de cet iceberg que représente la culture monégasque malheureusement si peu connue et trop souvent dénigrée.

Bien des livres ont été écrits sur l'histoire de Monaco et ses traditions, c'est dire combien ce pays est riche… Oui, on vous voit venir, c'est un pays riche eu égard à son PIB, ses limousines, son casino, mais nous ne parlons pas de ce genre de richesse, nous ne parlons pas de ces richesses qui font d'une petite ville un État uni qui a désormais plus de 700 ans. Nous vous parlons de culture, de traditions, de langue. Bref de l'essence même de ce qui fait de Monaco un pays à part entière…

 
Par Frédéric Albin

 



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