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Avril 2004
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La victoire sinon rien
Jeudi 29 avril 2004
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Déplacement à Nice - Infos Billetterie ASM-OM Le joueur du mois de mars : Fernando Morientes

On commence à bien les connaître nos Rouge & Blanc : ils aiment les défis ! Et c'est tant mieux, car ils vont être servis, le programme des prochains jours correspondant parfaitement à leur goût. Avant une demi-finale de Ligue des Champions qui pourrait bien leur ouvrir les portes de l'histoire puis de recevoir Marseille, les joueurs du Rocher vont dans un premier temps devoir affronter les coriaces Niçois dans leur antre du Ray…

Et si les Aiglons constitueraient un hors d'œuvre idéal pour se mettre en appétit avant d'aller défier Chelsea en terres britanniques, les Monégasques ont surtout absolument besoin de points à l'heure de ce grand derby de la Côte d'Azur pour pouvoir encore prétendre au titre de champion de France tant convoité, suite à leur défaite face à Nantes à domicile. De quoi rajouter du piment à un match qui de toutes les manières revêt toujours une intensité particulière, comme tout derby qui se respecte. L'ambiance risque fort d'être explosive, comme à l'accoutumés, et l'on espère que les Niçois sauront rester corrects - tant sur le terrain que dans les tribunes - et laisser leur rugosité légendaire au vestiaire...


Pour leur plus court déplacement de la saison (une vingtaine de kilomètres), les Asémistes devront inverser la tendance qui les poursuit depuis plusieurs journées en Championnat et retrouver leur inspiration européenne. Certains expliquaient le récent manque d'éclat des Monégasques en Ligue 1 par un manque de motivation et/ou un manque d'enjeu contrastant avec la Champions League, mais cette fois-ci les ingrédients sont réunis et moment est donc venu de s'affirmer en patron et de monter le vrai visage de l'ASM en championnat. Il reste peu de matches à jouer, et pas n'importe lesquels, autant les jouer à fond. Et ce même si l'Europe hante les esprits, ce que l'on comprend volontiers d'ailleurs.

La tâche des Rouge & Blanc risque toutefois d'être "facilitée" par l'absence de nombreux joueurs blessés côté niçois, ainsi que par certains problèmes extra-sportifs qui ont perturbé la vie du Gym ces temps-ci, avec notamment la disparition mystérieuse de Cherrad et les claquages de porte de Simone (tiens, tiens, ça nous rappelle quelquechose...) et Roy. En outre, sur le plan purement sportif, les Aiglons restent sur quatre défaites consécutives en championnat, une contre-performance jamais réalisée depuis leur remontée en Ligue 1. A Monaco d'en profiter pour enfoncer le clou et vaincre ainsi le signe indien face leur bête noire. Quoiqu'il en soit, l'ASM n'a pas trop le choix, seule la victoire compte désormais dans cette dernière ligne droite.

Mais au risque de se répéter, l'ASM aime les gros matches, elle en a même fait sa spécialité cette saison. Les supporters niçois pourront donc s'époumer à déverser leurs flots d'insultes et leurs sifflets sur les hommes de Didier Deschamps, cela ne fera que les surmotiver. D'autant plus qu'ils ont encore en mémoire le hold-up réalisé par les Aiglons en janvier dernier au Stade Louis II... Un mauvais souvenir qui marquait le début d'une série de pépins et que les Monégasques auront à coeur de racheter en prenant cette fois-ci leur revanche au Ray. Monaco était sur le point de s'imposer à l'aller, avant que Nice n'égalise in extremis, sur penalty, alors que l'ultime minute du temps additionnel était écoulée... Gageons donc que les Asémistes ne manqueront pas de motivation pour ce derby, d'autant plus qu'ils n'ont tous qu'un seul objectif déclaré : la victoire sinon rien !

Des hauts et des bas
Lundi 26 avril 2004
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Déplacement à Nice - Infos Billetterie ASM-OM Le joueur du mois de mars : Fernando Morientes

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas au pied au Rocher. Après nous avoir fait rêver mardi dernier avec une superproduction européenne dont ils ont décidément le secret, les artistes monégasques ont livré une prestation bien terne face à Nantes pour les retrouvailles avec le Championnat, abandonnant par la même occasion trois nouveaux points précieux dans la course au titre avec une courte défaite (0-1, la deuxième à domicile cette saison).

A la recherche des points perdus, tel pourrait se nommer le scénario qu'est en train d'écrire l'ASM en Ligue 1 du côté du Stade Louis II. Le prix à payer des récents exploits européens ? Alors que la finale de la Ligue des Champions semble à portée de crampons et que l'ASM écrit l'une des plus belles pages de son histoire - quelle que soit l'issue du match retour face à Chelsea le 5 mai - on ne peut s'empêcher de nourrir des regrets devant ce titre de Champion de France qui semble s'éloigner, Monaco étant désormais en troisième position à 4 points de Lyon. Les hommes de Didier Deschamps alternent le bon et le moins bon : absolument irrésistible et quasiment légendaire en Coupe d'Europe, l'ASM présente un tout autre visage dans le quotidien certes moins exaltant du Championnat. Une question de choix inconscient de priorité ou de fatigue ?


Cela dit, même si le pessimisme pointe le bout de son nez pour ce qui concerne la Ligue 1, il reste 15 points à prendre et les Rouge & Blanc n'en sont pas à un exploit prés, après ce que l'on a vu face au Real et contre Chelsea. On a tant de mal à imaginer que ce Titre qui nous semblait promis il y a quelques semaines nous échappe finalement...

Mais Monaco n'est-il pas justement une équipe de défis, une équipe qui marche à l'envie de réaliser des exploits, à s'extirper des pires situations en opérant un sensationnel retournement de situation ? Acceptons-en l'augure, avec deux gros matches en perspectives, deux derbies qui attendent l'ASM à Nice puis contre l'OM au Louis II.

Le déclic que l'on attend depuis quelques journées en Ligue 1, c'est maintenant qu'il doit avoir lieu si l'on veut conserver une chance pour la sacre final. Parce que contre Nice et l'OM, il y aura la pression d'un derby et l'ambiance particulière qui caractérise si bien ce type de match, avec un faux-air de Coupe d'Europe (notamment en ce qui concerne Marseille, parce que pour l'OGC Nice c'est plutôt d'Intertoto qu'il faut parler, nettement moins excitant, mais tellement champêtre ce bon vieux Ray rouillé…

Quoiqu'il en soit, la motivation sera à coup sûr au rendez-vous pour ces deux chocs, avec l'intensité d'un derby et l'accueil pour le moins chaleureux des supporters adverses... A moins qu'au fond d'eux-mêmes, les Asémistes n'aient définitivement baissé pavillon pour le Championnat, préférant se concentrer sur la Ligue des Champions, une occasion bien plus rare et plus prestigieuse, et pour laquelle une hypothétique victoire finale ferait non seulement oublier le Championnat de France, mais ferait surtout rentrer l'ASM dans la légende. Sans compter que les fanfaronnades onanistes du président lyonnais devant un éventuel troisième titre seraient alors reléguées au second plan…

Mais nous n'en sommes pas encore là. Cette saison nous a montré, si besoin était, que le football réserve son lot de surprise et que rien n'est joué d'avance. Qui plus est, les Rouge & Blanc sont des gagnants, leur entraîneur en tête, qui ne vont rien lâcher : l'ASM aime se lancer dans des missions dites impossibles. Alors tous les scénari sont encore possibles avant que le rideau ne tombe sur cette saison.

L'issue de cet exercice 2003/2004, qui est d'ores et déjà mémorable, pourrait être grandiose tout comme Monaco pourrait très bien aussi ne rien inscrire à son palmarès. Bien sûr, on n'ose imaginer une telle déception, car une si belle saison doit être marquée dans l'histoire par la concrétisation d'un titre. Reste à savoir lequel, mais pour l'instant, Monaco n'est pas encore en finale. Le 26 mai et l'Allemagne sont encore loin, alors attendons le 5 mai dans un premier temps et le 23 mai ensuite. Et soutenons notre équipe jusqu'au bout. Pour le meilleur ou pour le pire… mais surtout pour rêver encore.

Le péril jaune
Vendredi 23 avril 2004
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Tribunes des internautes : nouveaux articles Le joueur du mois de mars : Fernando Morientes

Il y a des matchs comme ça qui vous mettent l'eau à la bouche rien qu'en voyant l'affiche. Peu importe le classement de l'un ou de l'autre, la compétition jouée voire même les joueurs qui participent à la rencontre, Monaco - Nantes, c'est forcément un match à voir.

Outre le fait que rares sont les fois où ces deux équipes se sont quittées sur un score vierge de but, on aime à se rappeler que de ces deux clubs sont issus bon nombre d'internationaux qui font aujourd'hui le bonheur de l'équipe de France ou des plus grands clubs européens. Si il y a deux points sur lesquels l'ASM et le FCNA se sont toujours rejoints c'est bien le beau jeu et la formation des jeunes.

Didier Deschamps en sait d'ailleurs quelque chose pour avoir fait ses classes du côté de la Jonelière. Lorsque l'on observe le football léché pratiqué par son équipe depuis qu'il l'a prise en main, on se dit qu'il n'a pas tout oublié de cette époque studieuse !

Tout droit sorti de sa fabuleuse remontée face à Chelsea, Monaco se doit de se replonger immédiatement dans le Championnat. Sans doute privé de Rothen blessé et en ajoutant à cela la fatigue due à l'effort fournit face aux anglais, la tâche s'annonce délicate pour l'ASM. Il faudra malgré tout ne pas compter les gouttes de sueurs dans cette rencontre afin d'obtenir trois points ultras importants dans l'optique d'un éventuel titre. L'OL ne nous attendra pas !

De son côté, le FCNA reste sur une terrible désillusion en finale de Coupe de la Ligue face à Sochaux. 7ème en Championnat et toujours qualifiés en Coupe de France, les Canaris se doivent de redresser la barre dès samedi au Louis II sous peine de plonger dans une spirale de mauvais résultats qui serait bien mal venue à l'heure où la saison touche à sa fin. Soyons certains que même privé de Gillet, Pujol, Toulalan et Ziani, Nantes ne fera pas le déplacement en touriste. Ces Canaris sont capables de tout, du pire comme du meilleur, il n'y a qu'à se souvenir de la déculottée infligée aux Asémistes lors de la saison 2000/2001 avec ce succès retentissant en Principauté (2-5).

Malgré tout, gagner à Monaco serait pour eux un exploit. Et c'est bien de cet état de fait qu'il faudra se méfier, l'ASM n'appréciant que modérément le statut de favori, surtout à domicile. C'est donc bien un match difficile qui attend les Rouge & Blanc. Sans vouloir jouer les pessimistes, l'ASM a beaucoup à perdre sur cette rencontre, surtout lorsque l'on sait que l'OL reçoit le Stade Rennais qui joue désormais sans pression de résultats.

Les hommes du Rocher pourront à nouveau compter sur un Louis II bien garni malgré la diffusion de la rencontre sur Canal +. En effet, en cette période de vacances scolaires, la Principauté retrouve peu à peu ses habituels touristes, avec un "passage obligé" au Louis II, stade devenu mythique cette saison au fur et à mesure des exploits européens des Rouge & Blanc.

Monaco - Nantes, l'affiche est belle, mais le danger de voir la saison déraper d'un coup modère quelque peu l'enthousiasme ambiant en cette période euphorique pour l'ASM. La saison est bien loin d'être terminée et tous les scénari restent envisageables, notamment le plus pessimiste.

Pour voir l'avenir en rose après cet épique mardi Bleu, il s'agira pour les Rouge & Blanc de se méfier du péril jaune annoncé pour samedi. Cette saison colorée doit se finir bien, broyer du noir pour un bilan blanc n'est pas envisageable, c'est un arc-en-ciel que l'ASM se doit d'achever de nous dessiner !

Monaco coeur de lion !
Mercredi 21 avril 2004
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Ils sont restés assis dans leurs tribunes trente bonnes minutes après le coup de sifflet final. On leur aurait demandé de partir de suite qu'ils n'auraient sans doute pas esquissé le moindre geste tant la déferlante monégasque les a pris par surprise éteignant au passage leurs chants graves et assourdissants sans doute empreint d'un sentiment de supériorité déplacé en ces lieux de souffrance pour bon nombre de visiteurs européens venus jadis se frotter au roc monégasque.

Ils s'en remettront. Quelques millions de livres tous droit venus des steppes soviétiques finiront d'effacer les bleus à l'âme de ces supporters anglais qui ont peut être hier soir découvert la dimension réelle de ce que pouvait être un gros coup de "blues".

Là où le Real était venu s'échouer il y a de ça 15 jours, Chelsea en a fait de même, la classe en moins. Car il faut reconnaître que cette équipe là a parfois fait montre de certains gestes et attitudes indignes d'un soi-disant "grand club". La légende d'une équipe ne se construit pas à coups de millions, elle se taille au forceps et à la sueur de rudes conquêtes qui durent parfois des décennies…

Bien entrée dans la partie, l'ASM ouvre le score dès la 17ème minute de jeu par l'intermédiaire de Prso de la tête, bien servi par Rothen (1-0). Seulement voilà, en face il y a cette équipe de Chelsea, garnie de joueurs de talents "ajoutés les uns aux autres" et qui reste surtout sur 5 victoires en 5 rencontres à l'extérieur de Ligue des Champions : L'ASM va l'apprendre à ses dépends. Le match change subitement de physionomie, Chelsea presse plus haut et empêche l'ASM de jouer jusqu'à cette 22ème minute où Gudjohnsen sert Crespo oublié aux six mètres (1-1). Ce but malheureusement entaché d'un hors jeu à l'origine de l'action aurait dû être refusé : première faute d'appréciation de M. Meier et de ses assesseurs dans une rencontre où les erreurs d'arbitrages faillirent coûter très cher aux Monégasques.

Preuve ce coup de coude de Dessailly sur Morientes non sanctionné qui précéda de quelques minutes l'expulsion de Zikos pour une tape sur la tête de Makelele (53ème). Il y a avait deux poids deux mesures hier soir à Louis II ! Réduit à dix l'ASM semble être contrainte à jouer les victimes, Ranieri joue la carte offensive à fond et fait sortir Melchiott pour faire entrer un nouvel attaquant en la personne d'Hasselbaink. C'est le tournant du match. Chelsea va goûter alors à la colère monégasque.

Piqué au vif tel un lion blessé l'ASM monte peu à peu en puissance, Chelsea s'emmêle les pinceaux dans une tactique offensive visiblement peu au point et qui donne des espaces pour les contres monégasques. Bien servi par Giuly, Morientes s'engouffre dans une des brèches et fusille Ambrosio (2-1, 77ème). Le stade Louis II une nouvelle fois au rendez vous, gronde son plaisir et conspue à tout va Dessailly et Makelele responsable à ses yeux du "malheur" monégasque. L'injustice n'a pas de place ici, l'ASM doit se relever !

Mais comme l'histoire de cette équipe est un beau conte de fée, le magicien Deschamps lance alors dans le grand bain le héros malheureux Nonda (82ème). En allongeant sa jambe pour reprendre un centre de Rothen et battre une troisième fois le pauvre Ambrosio du bout de la chaussure, Shaba a lavé d'un coup ces 8 mois de galères et entrouvert un peu plus les portes d'une finale dont tout le monde rêve (3-1, 83ème). Tout simplement énorme !

Même si rien n'est encore fait et si la qualification peut encore nous échapper dans 15 jours à Stamford Bridge, les Rouge & Blanc ont franchi un pas de plus dans l'échelle de l'estime que lui porte peu à peu l'Europe du football. Battre Chelsea dans de telles conditions est un exploit, ce genre de performance qui marque peut être encore plus que celle réalisée face au Real, tant la volonté déployée aura été énorme pour faire vaciller un destin qui ne voulait pas lui sourire à l'origine. C'est sans doute le signe d'une grande équipe. Le signe que cette année, Monaco peut atteindre les sommets et rejoindre le Milan AC, le Real Madrid et autre Juventus de Turin au firmament des plus grandes équipes d'Europe.

Quelqu'un a dit un jour que l'ASM n'avait pas d'âme. Que de son stade sans public ne passait aucune émotion et que c'était sans grand émoi qu'il regardait les Rouge & Blanc évoluer dans le monde du ballon rond. Si ce monsieur était là hier soir, les esprits et autres présences immatérielles n'ayant que peu de places dans un stade de foot, nous espérons pour lui qu'il ait bien tendu l'oreille, car c'est un cœur gros comme la Roca qu'il aurait entendu battre : un coeur de lion. Car le stade Louis II était bel et bien en fusion, tel un douzième homme derrière ses favoris.

Et il nous prend comme une envie de chanter, rempli de joie et d'euphorie devant ce nouvel exploit: "Comme un ouragan, qui passait sur nous, l'ASM a tout emporté ! Dévasté Chelsea ! Le Roc en furie ! On n'a pas pu l'arrêter !".

Ce que l'on vit est beau, précieux, et espérons que plus tard on qualifiera cette épopée d'historique, si cela n'est déjà le cas. Même si cela devait maloncontrueusement s'arrêter a Stamford Bridge, il n'y aurait pas de regret à avoir car rien qu'en arriver là c'est merveilleux. C'est la première demi-finale retour de son histoire quel'ASM va aborder avec un gros avantage. Que Sainte Devote écoute nos pières, que le Rouge et Blanc submerge l'Europe. Parce qu'on le mérite. Ce n'est pas le football de la défiscalisation qui l'emporte, mais bien celui du coeur, de la passion et du beau jeu, le collectif face à l'individuel, le "nous" contre le "je", l'amitié d'un groupe solide face à un foot buisness qui, lui, est sans âme. Rien que pour ça il faut gagner.

Tirez les premiers !
Lundi 19 avril 2004
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Voila deux semaines que l'on attend ce match. A peine le temps de souffrir un peu du côté de Lens, de ronger son frein dans une interminable queue en quête d'un précieux sésame pour ce fameux rendez vous, et voici qu'arrive une bande d'Anglais venus de Londres, bien décidés à en découdre et à faire mordre la poussière à ces Rouge & Blanc fraîchement promus au rang de héros nationaux voire continentaux.

AS Monaco - Chelsea FC : l'affiche est alléchante, presque encourageante après l'exploit réalisé face au Real lors du tour précédent. Seulement voilà, Chelsea n'est pas le premier venu et cette rencontre bien loin d'être aisée. Les supporters de ce club londonien n'ont d'ailleurs pas grand chose à envier à ceux de Madrid tant les noms qui composent cette formation font rêver les amoureux de football que nous sommes. Il n'y a qu'à voir Claude Makelele, blessé au genou lors d'une rencontre de championnat il y a une dizaine de jours (et qui risque fort de manquer le match aller), se faire remplacer par Veron - excusez du peu - ou bien Jimmy Floyd Hasselbaink céder sa place à Hernan Crespo… C'est donc sur une autre planète, certes un peu moins médiatique, mais tout aussi galactique que celle du Real que l'ASM va devoir à nouveau croiser le fer. Dur, dur...

Chelsea a remporté tous ses matchs à l'extérieur depuis le début de la compétition, s'imposant au passage à Rome face à la Lazio et récemment à Arsenal. Ne nous voilons pas la face, le client qui se pointe à Louis II mardi soir est de taille pour faire vaciller le roc monégasque sur ses terres, tout bon tombeur du Real qu'il est !

Il faudra à tout prix éviter de rééditer les matchs aller produits lors des deux derniers tours, à savoir deux défaites. Si perdre 1-2 ou 2-4 à l'extérieur lors de la première joute demeure positif, ça l'est beaucoup moins lorsque ce genre de performance est enregistrée à domicile. Malgré tout, même si la tâche s'annonce ardue, rien ne semble impossible cette saison pour les Asémistes et les chances de qualification demeurent bien réelles. D'autant plus si l'on considère que l'ASM a bénéficié de 10 jours de récupération salvateurs avant cette rencontre, alors que de son côté Chelsea a continué sur le rythme infernal de la League anglaise, enchaînant, depuis son succès à Arsenal, 3 rencontres pour un bilan des plus moyen : un succès à Aston Villa (2-3) et deux nuls (0-0) à domicile face à Middlesbrough et dernièrement face à Everton. Ce "temps mort" monégasque aura donc sans doute un impact quant à l'issue de ce match aller. Impact physique certes, mais aussi psychologique, car c'est avec une énorme envie que l'ASM pénétrera sur le pré de Fontvieille mardi soir tout en gardant à l'esprit que ces anglais là restent deuxième du Championnat anglais. Méfiance donc !

Les hommes de Didier Deschamps sont à deux matchs d'une finale de Ligue des Champions, le rêve à portée de crampons et on se plaît à imaginer une finale du côté de l'Arena AufSchalke à Gelsenkirchen, en Allemagne avec en toile de fond une vague rouge et blanche. Bien sûr, même si cette version 2003/2004 de la Champions League est la plus indécise depuis un bon nombre d'année, les gros morceaux ayant déjà quittés le navire, l'ASM reste bonne dernière au niveau des pronostics finaux. Dans ce dernier carré pour le moins surprise les monégasques demeurent les petits Poucets d'une compétition qu'ils ont malgré tout déjà marqué de leur talent et de leurs exploits. Didier Deschamps ne s'offusquera pas d'ailleurs de ce statut qui nous a tant servi depuis septembre dernier. L'homme est autant travailleur que discret, et a su inculquer à ses hommes ces valeurs qui l'ont jadis porté si loin. Tous les espoirs sont donc permis !

Il y a fort longtemps, le 11 mai 1745, lors de la bataille de Fontenoy opposant les troupes Françaises aux troupes Britanniques, un officier Français eût ces mots devenus célèbres : "Messieurs les Anglais tirez les premiers !", qui faillirent coûter la victoire aux troupes de l'Hexagone. Ce genre de raccourci historique résume donc très bien le problème monégasque pour cette demi-finale aller : ne nous compliquons pas la tâche, ne laissons aucune opportunité à Chelsea, tirons le premiers !

Drame en six actes
Lundi 12 avril 2004
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Décidément les hautes sphères de la Ligue 1 sont le théâtre récurent d'un jeu de Yo-Yo des plus indécis qui risque fort de nous tenir en haleine jusqu'à la fin de la saison. Un jour Monaco, un autre Lyon, plus tard le PSG, qui sait à l'heure actuelle quelle sera l'issue de ce Championnat ? A vrai dire pas grand monde et ce n'est sans doute pas en cherchant où diable sont passés ces 10 points d'avance que l'ASM possédait voici quelque temps que nous trouverons une réponse à cette épineuse question.

Mieux vaut alors s'attarder sur ce bon nul ramené par les hommes de Didier Deschamps de ce Stade Bollaert, fidèle à sa réputation et une nouvelle fois débordant de fair-play et de sportivité. C'est une magnifique leçon que le public lensois a donné à la France entière en acclamant les héros monégasques… Samedi après-midi nous étions fiers d'être passionné de ballon rond en voyant l'ovation de tout un stade réservée à Ludo Giuly. Merci les Sang et Or !

En parlant d'or, ce point là en vaudra peut être son pesant au moment où il faudra faire les comptes. Là où Paris s'était incliné (1-0) quelques semaines auparavant, les Rouge & Blanc, pourtant usés par leur débauche d'énergie de mardi soir face au Real, ont réalisé un match solide et finalement achevé par la même une très belle semaine en obtenant un point méritoire.

Alors oublions un instant ce maudit classement. Essayons d'être un tant soit peu logique avec la nature même des choses : ces Princes là sont valeureux mais ne sont pas des machines pour autant. Précisons qu'il est peut être plus difficile à l'heure actuelle de ramener un nul de Lens avec un match de Ligue des Champions dans les jambes, que de passer trois buts au Real. Osasuna, vainqueur à Bernabeu (3-0) ce week-end en Liga espagnole, en sait quelque chose…

Le seul point réellement négatif de cette fraîche après-midi nordiste est sans doute la sortie de Fernando Morientes victime d'un début de sciatique après seulement 35 minutes de jeu. Aux dernières nouvelles, il n'y aurait rien de grave cependant pour El Moro, mais la pause de 10 jours qui se présente aux Asémistes avant le choc face à Chelsea vient à point nommé pour récupérer et préparer sereinement la suite des événements. Un intermède qui verra le retour de Toto Squillaci et peut être d'Oshadogan dans un groupe monégasque pas vraiment gâté aux niveaux des pépins physiques depuis le début de l'année.

Une fois les batteries rechargées, il faudra dès lors se remobiliser. Car outre cette demi-finale de Ligue des Champions face à Chelsea, il y a ce Championnat qui reste à notre portée avec des chocs à venir qui seront décisifs. Il faudra mettre le turbo dans cette dernière ligne droite… Au programme, la réception des Canaris nantais, un déplacement à Nice qui sent la poudre ainsi que l'accueil de l'OM au Louis II le 9 mai prochain qui permettront aux hommes du Rocher de se replonger immédiatement dans le bain du Championnat avec au bout, nous l'espérons tous, la récompense suprême et ce huitième titre de champion de France tant attendu.

Cette semaine s'achève peut être pour certains sur un goût d'inachevé avec cette place de leader qui nous échappe de nouveau. Ne nous risquons pas sur le terrain trop aisé de la critique facile. Il ne suffit pas d'encenser une équipe lorsqu'elle gagne et de lui chercher des poux une fois que la victoire ne sourit pas. Ce nul en dit long sur la solidité de cette formation asémiste, il faut donc voir plus loin que ce classement provisoire à quelques journées de la fin qui est encore bien trop flou et si peu significatif pour pouvoir en tirer des conclusions trop hâtives.

Dans cette pièce de théâtre qu'est la L1 il fallait bien trouver une fin dramatique et pleine d'émotion. Didier Deschamps, en bon metteur en scène qu'il est, sait très bien d'ailleurs qu'un succès final dans ces conditions n'en revêtirait que plus d'éclat…

Que la fête continue !
Samedi 10 avril 2004
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Bollaert et son public, quoi de mieux pour fêter un exploit historique en Ligue des Champions ? Quitte à se déplacer autant le faire là-bas, terre de football par excellence où l'on cultive le respect de l'adversaire autant que l'amour du beau jeu. C'est dans un stade à guichets fermés et sous les caméras de Canal Plus que l'ASM étrennera samedi après-midi son nouveau statut de héros national, honorée qu'elle sera par le peuple Sang et Or de l'ovation qu'elle mérite.

Cette équipe de Monaco qui croule sous les louanges depuis le mauvais tour qu'elle a joué aux Galactiques du Real Madrid est encensée depuis mardi soir par l'ensemble de la presse et enfin reconnue à sa juste valeur. Nous n'oublierons pas malgré tout qu'au milieu de cette vague d'enthousiasme un homme s'est quand même essayé à la critique, abusant une fois de plus d'une langue qu'il a visiblement bien pendue. Allant jusqu'à se mettre à dos une presse qui jadis l'aurait suivi dans ses allégations, ce cher monsieur s'est fourvoyé dans quelques phrases dont le manque de tact et de sportivité n'ont en rien rattrapé l'impression que ce dernier laisse à chacune de ses apparitions : celle d'un homme hautain, mesquin et dédaigneux. La jalousie fait parfois perdre la raison, sur ce coup là c'est la figure aux yeux de l'Europe entière qu'elle a fait perdre à ce "Président gentleman". La capitale des Gaules méritait mieux que çà…

En football comme ailleurs, c'est du terrain que la vérité provient, ainsi c'est depuis la pelouse de Bollaert que nous saurons enfin si l'ASM a les épaules assez larges pour pouvoir prétendre au titre final. Nous pouvons être confiant. En effet, enregistrant les retours de Bernardi et Zikos, Didier Deschamps aura de quoi composer une équipe capable de ramener un résultat positif de son voyage en Artois, en surfant sur la vague de son succès historique en Ligue de Champions.

Le RCL, quant à lui, reste sur une bien décevante défaite à Montpellier (1-0) mais avait obtenu lors de sa dernière sortie à domicile un probant succès (1-0) sur le PSG. Autant dire que ce match là ne sera pas une partie de plaisir face à des Lensois surmotivés et poussés par leur formidable public ; l'ASM doit donc absolument redescendre de son nuage sous peine de voir l'OL reprendre les rênes de la L1 après un déplacement à priori à sa portée du côté de Strasbourg.

Il faudra quand même garder à l'esprit qu'il est bien difficile d'effacer en 4 jours la fatigue accumulée d'une rencontre européenne - non des moindres ! - et ce même avec une victoire au bout aussi extraordinaire soit-elle. Cela dit, Didier Deschamps demandera sans aucun doute à ses hommes un nouvel effort, gardant à l'esprit qu'à l'issue de cette rencontre, une mini-trêve de 10 jours sera proposée aux Monégasques avant leur rendez vous du 20 Avril face à Chelsea en demi finale de Ligue des Champions.

Ce match Lens - Monaco sent la poudre et le beau jeu à plein nez. Il s'agira pour les Asémistes de bien négocier ce qui ressemble de nouveau à un tournant du championnat. Comme chacun des 7 derniers matches de la saison…

Le président Svara l'a bien dit, l'ASM peut encore tout perdre à l'heure actuelle et il serait bien dommage de voir cette si belle saison s'achever sur un bilan vierge de titre après ce que nous avons vu mardi soir. C'est donc le moment d'endosser le bleu de chauffe, un peu à l'image de ce qu'ont fait les Monégasques face à Ajaccio en seconde mi-temps. Gardons le beau geste pour la Coupe d'Europe, le Championnat requiert la hargne, la volonté et l'envie, des valeurs que Monaco a parfois bien du mal à mettre en application… sauf contre le Real bien sûr !

C'est sur ces bonnes paroles présidentielles qu'il faudra s'appuyer pour maintenir le cap dans ce qui reste le principal objectif du club cette saison, c'est-à-dire le titre de champion, tant désiré par les Rouge & Blanc. Et on a vu qu'un Monaco hyper motivé pouvait soulever des montagnes… L'exploit de mardi a toutefois pour risque de faire tourner les têtes et de désorienter certains, c'est donc à Lens qu'il faudra essayer de ne pas perdre le nord.

Le jour de gloire : Monaco dans la légende !
Mercredi 7 avril 2004
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Ils l'ont fait ! Monaco en demi-finale de la Champions League !
Une victoire historique, une soirée magique !

On les avait pourtant prévenu. D'autres étaient déjà passés par là. Sans doutes attirés par la lumière accueillante des lieux, l'odeur apaisante du parfum ambiant et le calme paisible de cet endroit, ils ne s'étaient pas méfiés, se laissant même aller à une confiance aveugle qui leur coûta, à leur grand désarroi, une fin de séjour cauchemardesque. Ils avaient alors enduré les foudres des maîtres des lieux pour finalement repartir dans leur Galice natale tout penauds et confus de la terrible correction reçue.

Les arches du Louis II ont peut être gardé ce secret comme pour préserver la légende de ce sanctuaire qu'elles abritent, attirant à nouveau dans leur piège une bande d'extra-terrestres galactiques venus d'une autre planète.

Hier soir, la légende n'a pas failli, elle s'est même confirmée. Le Stade Louis II est bien le cimetière des éléphants du football espagnol… Comme La Corogne, le Real est donc tombé, brisant au passage son statut de galactique intouchable sur la volonté implacable du roc monégasque. Pourtant privés de trois de ses titulaires, les Asémistes ont accompli un véritable tour de force. Un match parfait, accomplit avec une maîtrise technique et mentale hors du commun, ce Monaco là est imbattable. Euphorique, au sommet de son art, l'ASM a fait rêver ses milliers de supporters !

Arrivés au Louis II avec cet avantage de 4-2 obtenu au match aller, les Madrilènes ont appris à leur dépend qu'il fallait se méfier d'un Rouge & Blanc qui dort. Menés (0-1) au bout de 36 minutes de jeu sur un but de Raul, les Asémistes sont parvenus à accélérer au bon moment, toucher les Galactiques en plein vol pour finalement les couler au bout d'une partie extraordinaire. Phénoménal ! Une victoire et une qualification acquises à la force du coeur et des tripes par une bande de gladiateurs du ballon rond héroïques de volonté. C'est un ouragan qui s'est déchaîné au Stade Louis II.

L'ASM a du caractère, son capitaine Giuly montre la voie et d'une reprise de volée rageuse trompe Casillas (1-1, 45ème). Le "Rocher compresseur" est en marche, on ne l'arrêtera plus. Dans ce Stade Louis II transformé en chaudron, les Madrilènes commencent à douter. On est loin de la maîtrise technique espagnole des premières minutes de jeu, la faute à un Giuly de plus en plus intenable, à un Rothen omniprésent dans toutes les phases de jeu et à un Cissé une fois de plus énorme dans son rôle de récupérateur.

Peu après le retour des vestiaires, Evra récupère un ballon, centre pour Morientes qui s'élève dans le ciel monégasque pour doubler la mise de la tête (2-1, 49ème). Le Louis II commencent à croire à l'exploit. Il ne faut pas lâcher l'étreinte, il faut terminer le travail. Comme pour pousser un peu plus le destin, Shabani Nonda entre dans l'arène sous une émouvante ovation du public chauffé à blanc, lui le malchanceux qui a manqué toute la saison, lui le héros malheureux qui n'a pas encore goûté aux joies de la Ligue des Champions cette saison, il vient apporter sa fraîcheur et son impact physique sur le front de l'attaque monégasque. Sa présence rassure et Monaco assure.

Monaco y croit, et poursuit son pressing d'enfer qui éteint littéralement le Real. La libération, le but synonyme d'exploit et de rêve ne va pas tarder. Et Monaco s'en va écrire la légende... Ibarra s'amuse devant Roberto Carlos puis centre à ras de terre pour Giuly qui ponctue cette soirée historique d'une somptueuse talonnade " à la Madjer " (3-1, 67ème). La coupe est pleine, le Real ne s'en relèvera pas. Les vingt dernières minutes sont pourtant un supplice pour les supporters rouge et blanc, M. Collina faisant durer le plaisir pour 5 minutes de jeu supplémentaires. Que d'émotions !

Les mots ne manquent pas pour exprimer le sentiment de fierté qui résulte d'un tel résultat, les maux causés à l'ego madrilène non plus. Car il faut reconnaître que ces Galactiques là avait un peu trop la tête dans les étoiles oubliant trop souvent qu'il est bon parfois de redescendre sur terre et d'endosser le bleu de chauffe quand la situation le demande. Pour avoir pris l'ASM de haut, leur chute n'en a été que plus mémorable, hier soir les monégasques ont donné la leçon aux maestros ibériques. Énorme, fantastique, fabuleux, magique, extraordinaire, les qualificatifs manquent pour décrire ce match d'anthologie, qui restera gravé à jamais dans l'histoire du football monégasque et français. Ce que nous avons ressenti est indescriptible...

L'ASM a décroché la lune et accroché à ses crampons une nouvelle part de rêve qui pourrait la mener très loin. Tout le monde voyait Arsenal, c'est pourtant Chelsea qui se pointera dans deux semaines au Louis II pour une demi finale qui s'annonce extraordinaire. Même si le parcours venait à s'arrêter là, nous garderons encore longtemps dans nos mémoires le souvenir doux et léger de cette belle soirée de printemps qui vu le grand Real se faire terrasser par le Petit Prince Monégasque. L'ASM reste désormais le dernier représentant français en Ligue des champions ainsi que le dernier club hexagonal à avoir atteint ce niveau dans la compétition. Quelqu'un a dit un jour que les derniers seraient les premiers. Que Sainte Dévote l'entende…

MERCI MONACO !

Décrochez-nous la lune !
Lundi 6 avril 2004
 Galerie photos Entraînement du 29 mars
 Découvrez la culture monégasque Interview : SAS le Prince Albert


On n'ose y croire, mais pourtant tout le monde en parle. Et si le Real tombait les armes au Louis II ? Et si par on ne sait quel miracle footballistique Didier Deschamps et les siens remontaient ces deux buts de retard sur les Galactiques ? Et si, et si…

De la Condamine au Rocher, du Larvotto à Fontvieille, la rumeur de l'improbable exploit alimente toutes les conversations depuis plus de deux semaines. Elle ranime même chez les plus fermés au monde du ballon rond la petite flamme monégasque qui sommeille en chacun d'eux.

C'est un peu comme si un marchand de rêve était passé par là, déversant à tour de bras dans les ruelles du Rocher un flot de songes enchanteurs. Sommes nous assez naïfs pour pouvoir se laisser emporter comme cela ? Qu'importe… On y croit !

Pourquoi pas d'ailleurs? Ce score de 2-4 obtenu à Santiago Bernabeu n'est jamais apparu comme insurmontable. Même pas dans la presse d'ailleurs, pourtant toujours habile à minimiser et descendre les prestations monégasques. Un club à part (dit-on) dans le gotha footballistique tricolore qui navigue de part et d'autre de la frontière française au gré des états d'âmes de certains dirigeants que nous connaissons bien. Un jour "représentant du football français" lors des succès, un autre, affublé de l'éloquent titre de "club de la Principauté" au moment des déconvenues européennes… La reconnaissance du ventre n'est pas de mise dans le monde du ballon rond.

Mais ne nous égarons pas. Même si la tâche s'annonce ardue pour les Rouge & Blanc, elle n'est pas insurmontable. Même amputée de Zikos, Bernardi et Squillaci l'ASM peu rivaliser avec ce Real que l'on prétend imbattable. Les Espagnols eux mêmes privés de Beckham doivent s'attendre à souffrir au Louis II.

L'ASM n'est pas novice en Coupe d'Europe, d'autres grands sont déjà tombés ici. Certes les joueurs ne sont plus les mêmes et les faits d'armes datent de quelques années, mais l'esprit reste le même, le Louis II est un stade à exploit. Au diable ces mauvaises langues qui prétendent y entendre l'herbe pousser, mardi soir le Louis II revêtira ses apparats de chaudron bouillant, qu'on se le dise ! Précisons ici à l'attention des amateurs de critique facile, que les seules "choses" qu'il nous ait été offert d'entendre pousser du côté de Fontvieille, ce sont de jeunes plants, futurs Champions du Monde… Oui messieurs, nous avons la main et l'oreille verte à Monaco !

L'ASM, qui vient de récupérer son trône de leader de L1 en même temps que son buteur Shabani Nonda, doit donc joueur sa chance à fond. On ne joue ce genre de match qu'une ou deux fois dans une vie de footballeur, raison de plus pour tout donner, ne rien lâcher et se défoncer sans compter. Les hommes de Didier Deschamps n'ont rien à perdre. Le Real lui, aborde cette rencontre dans son costume de favori. Une tunique qui lui sied à merveille mais qui peut parfois se révéler lourde à porter. L'ASM en connaît un rayon à ce niveau là !

Il y a néanmoins une vie après Madrid. Qualification ou pas, l'objectif du club est de pérenniser son avenir. Une victoire sur le Real ne serait qu'un événement de passage, un titre de Champion de France apporterait, lui, une pierre de plus au superbe édifice qu'est en train de bâtir Didier Deschamps.

Il ne s'agit pas de choisir son objectif. La coupe d'Europe restant ce petit plus qui fait d'une belle saison une année exceptionnelle. Il faudra simplement aux Monégasques prendre le plaisir là où il est. Et nous avec… Prendre son pied en décrochant la lune…

Retour gagnant
Samedi 3 avril 2004
 Galerie photos Entraînement du 29 mars
 Découvrez la culture monégasque Interview : SAS le Prince Albert

L'ASM revient de loin, d'un long voyage. Ce genre de voyage qui l'aurait normalement menée trois points derrière l'OL mais qui s'achève finalement un point devant. Allez comprendre. Menés 0-3 au bout de 45 minutes de jeu pathétiques, les Monégasques ont retroussé leurs manches et finalement arraché un nul salvateur qui leur offre à nouveau la place de leader.

Il faut une sacrée volonté pour parvenir à remonter un tel retard, la même volonté qu'aura employé la "perle noire" Shabani Nonda au cours de ces sept longs mois d'absence pour pouvoir enfin rejouer au football après son effroyable blessure du mois d'août dernier. Tout avait pourtant si mal commencé. Un tir de Giuly sur la transversale dès la 9éme minute de jeu, suivi quelques instants plus tard par l'ouverture du score de Patrice Loko (25ème minute).

Mais l'ASM n'a visiblement pas la tête à son sujet. Littéralement absent des débats, enchaînant erreurs techniques et manque d'agressivité, Monaco recule, Ajaccio pousse… et double la mise grâce à Robin sur une splendide frappe des 25 mètres. On joue la 36ème minute, l'ASM est menée 0-2, le Louis II gronde, Deschamps bout sur son banc. Sur la touche Nonda et Prso s'échauffent sous les acclamations des Ultras, impeccables metteurs d'ambiance hier soir, le meilleur duo d'attaquants européen de la saison dernière est sur le point d'être reconstitué.

Visiblement peu touchés par la bronca du reste du public, les Rouge & Blanc restent impassibles, sans réaction, se permettant le "luxe" d'encaisser un troisième but, toujours par Robin, toujours des 25 mètres. 0-3 à la 40ème minute. Que fait Monaco ?

Sur le bord du terrain, Prso et Nonda sont prêts. Laissons entrer les artistes. Nonda n'attendra d'ailleurs que 5 minutes et son deuxième ballon touché en seconde période pour faire parler la poudre et marquer son quatrième but de la saison (1-3), et signer ainsi son grand retour de la plus belle des manières.

Ce but est un symbole. Celui de la renaissance de Nonda et du réveil de Monaco. Les hommes de Didier Deschamps passent la démultipliée, Ajaccio est à la peine. Prso récupère un ballon sur le côté gauche et centre fort devant le but pour Giuly qui marque dans le but vide, mais l'arbitre le refuse pour un hors-jeu incompréhensible. Les Monégasques sont révoltés et comme pour laver cette injustice Plasil envoie un missile dans le petit filet de Trévisan, superbe. (2-3, 67ème minute).

Le Louis II y croit de plus en plus, Deschamps jubile sur son banc. Ils n'ont pas encore tout vu. Alors que le match touche à sa fin, les hommes du Rocher se jettent une nouvelle fois à corps perdu dans la bataille, et ça paye. Dado, infatigable travailleur sur son côté droit, combine avec son compère de toujours Shaba et égalise dans les ultimes secondes de jeu sous les yeux d'un Dominique Bijotat médusé. Encore une fois, Prso fut le sauveur de l'ASM… Faut-il encore prouver qu'il mérite une place de titulaire ?

Malgré un score final qui reste dans l'absolu décevant, il faut louer l'état d'esprit des Monégasques en seconde période. Ils nous ont plu. Ils se sont battus jusqu'au bout pour obtenir un point. Ce point qui paraissait si futile vendredi soir, devient d'autant plus important au moment où l'OM, en bon empêcheur de gagner en rond, s'impose à Gerland et fait chuter les Gones (1-2).

Outre le fait que Deschamps et ses hommes reprennent les rênes de la L1, il y a ce retour gagnant de Shaba qui nous ravit. Acclamé par tout un stade, son come back est d'autant plus touchant qu'il est gagnant. Injustement frappé par le sort un soir d'été dernier au Parc des Princes, il se pourrait bien qu'il devienne l'atout gagnant des Rouge & Blanc pour cette fin de saison palpitante.

L'aventure que vit le groupe monégasque est une belle histoire. Pavée de bons et de mauvais moments, de doutes et de certitudes. Mardi soir, "le Rouge et le Blanc" de Didier Deschamps nous ouvrira un nouveau chapitre, aussi haletant et prenant que les précédents. Les lecteurs assidus que nous sommes attendons bien sûr avec impatience son dénouement, gardant caché dans un coin de nos têtes, le fait que toutes les belles histoires finissent forcément bien…

Petit match entre amis
Jeudi 1er avril 2004
 Galerie photos Entraînement du 29 mars
 Découvrez la culture monégasque Interview : SAS le Prince Albert

C'est l'histoire de deux cousins ou de deux amis on ne sait plus trop. L'un vit sur une île, l'autre sur un rocher. De cet isolement qui leur est commun est née une amitié, une confiance mutuelle qui les engage même parfois à envoyer certains de leurs "petits" faire leurs classes et apprendre la vie chez leur voisin. L'un a un palmarès plus éloquent certes, mais il sait malgré tout très bien que, sans l'autre, certains de ses protégés n'auraient peut-être jamais pu voir un jour les lumières du succès. Ce vendredi soir donc, le "vieil ami Corse" de l'AC Ajaccio rend visite aux pensionnaires du stade Louis II.

Les deux clubs sont unis depuis déjà quelques années par un partenariat, dont l'ASM a déjà profité pour permettre à certains de ses joueurs de s'épanouir au plus haut niveau, citons entre autres Toto Squillaci, Dado Prso et en ce moment notre future petite "fusée des surfaces" Grégory Lacombe.

L'entraîneur Corse, Dominique Bijotat, est lui aussi très attaché à la Principauté. En effet, il porta les couleurs de l'AS Monaco durant 12 longues années, de 1979 à 1991, et remporta sous le maillot Rouge & Blanc un titre de champion de France en 1982 et une Coupe de France en 1985... Quand on vous dit que l'on reçoit presque de la famille !


Pour ce qui est du terrain, les Corses luttent encore cette année pour ne pas descendre au purgatoire. Ils ne s'en sortent d'ailleurs pas trop mal, en témoigne leur récente victoire lors du derby corse contre Bastia (1-0). L'ACA se déplace malgré tout avec la ferme intention de faire douter, comme l'an passé, les hommes de Didier Deschamps (victoire étriquée 3-2 de l'ASM), en essayant pourquoi pas, de ramener un petit quelque chose de ce court déplacement.

Privée d'Evra (blessé et suspendu), Zikos et Squillaci (blessés), l'ASM aura donc fort à faire sur le pré de Fontvieille pour venir à bout d'Ajaccio et surtout empocher trois nouveaux points essentiels dans la lutte à distance qu'elle mène avec l'OL dans l'optique du titre final. La scoumoune qui semble s'être abattue sur la formation asémiste lui a, malgré le succès au Mans, soudainement assombri son avenir.

En effet, il semble désormais difficile aux Monégasques de tenir la distance avec l'OL dans la mesure où les Gônes possèdent un banc beaucoup plus fourni et surtout une expérience à ce niveau de la compétition qui est supérieure à celle des jeunes pousses Asémistes. quoiqu'il en soit, Monaco n'a plus droit à l'erreur et devra engranger un maximum de points au cours de ses huit derniers matches.

Mais n'allons pas trop vite en besogne, aussi bien en Ligue des Champions qu'en Championnat, tout reste à faire et rien ne dit par exemple que l'ASM, même diminuée, ne puisse venir à bout du grand Real la semaine prochaine ! Cette rencontre face à Ajaccio semble d'ailleurs venir à point dans l'optique du match face à Madrid. Il s'agira donc de faire le plein de confiance et de sérénité en essayant d'obtenir, en plus des trois points, une victoire assez large pour bonifier le goal average, un paramètre qui pourrait très bien nous êre utile au moment du décompte des points. Tout est bon à prendre !

"Occupez vous de mes ennemis, mes amis, je m'en charge"... C'est un peu le genre de précepte que l'ASM devra suivre vendredi soir, en espérant que l'OM, qui rendra visite à Lyon samedi après midi, veuille bien s'occuper de nos chers concurrents

ALLEZ MONACO !

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© VASELLI Nicolas et Grégory, CROESI Nicolas & ALBIN Frédéric - Avril 2004