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26 Août 2002 - Propos recueillis par C. B.
Le "Monde des Princes" vous retranscrit ici
l'interview de S.A.S le Prince hériditaire Albert de Monaco publié
par Monaco
Hebdo.
Dans un tout autre domaine, chacun sait que vous êtes un fervent
supporter de l'ASM. Comment vivez-vous cette période de très mauvais
résultats alors que l'arrivée de Didier Deschamps pouvait faire espérer
de grandes choses ?
Lorsqu'on a évoqué la candidature de Didier Deschamps, il y avait quand
même une incertitude. Même si le nom était alléchant, le personnage
charismatique et ouvert, on ne pouvait pas évaluer ses capacités d'entraîneur.
C'était un risque que l'on a pris. Alors, comme tous les supporters,
j'ai mal vécu la dernière saison. Quand on a des possibilités et quand
on voit son effectif, on se dit que l'on pouvait espérer mieux. Il y
a eu beaucoup de problèmes d'entraînement, de blessures, un staff médical
qui n'est peut être pas assez performant… Et puis, quand vous êtes dans
une spirale négative, d'autres difficultés surgissent : des problèmes
de personnalités, de groupes mécontents (ceux qui jouent ne sont pas
contents, ceux qui ne jouent pas ne sont pas contents parce qu'ils pensent
qu'ils pourraient faire mieux donc ils se répandent en critiques entre
eux et sur l'entraîneur…). Je ne peux rien dégager de positif de tout
cela…
Néanmoins, l'ASM-FC continue apparemment à faire confiance à Didier
Deschamps ?
Quand on compare les résultats 2002 à ceux de la saison précédente,
il est évident que l'on a remercié Claude Puel pour moins que ça… donc
c'est vrai qu'on s'est posé la question du maintien de Deschamps. Mais
il fallait lui faire confiance car d'autres éléments entrent en jeu
: Deschamps est toujours sous contrat, il faut donc essayer de recadrer
les choses. Maintenant, s'il y a crise ou s'il y a un manque flagrant
de résultats, l'équipe dirigeante devra prendre ses responsabilités,
comme elle s'était engagée à le faire.
On a beaucoup dit, et vous l'avez clairement signifié vous-même
dans des interviews, que des différends importants existaient avec le
président Campora quant à la gestion du club. Ces divergences de vues
se sont-elles estompées aujourd'hui ?
Il y a toujours eu un dialogue avec le président Campora. Quand j'ai
des critiques à formuler ou des observations à faire, je les fais directement,
pas par personnes interposées. Alors bien sûr, il y a eu certaines interviews
où j'ai réagi plus en supporter qu'en dirigeant. Probablement que tout
ça a été un peu sorti de ce contexte de supporter mécontent pour être
transposé sur un autre plan. Cela dit, s'il n'y a pas de critique ou
d'observation, on n'avance pas. De toutes façons, le président Campora
est conscient du problème. Mais c'est très compliqué d'être un dirigeant
dans le football actuel : il y a beaucoup d'intérêts financiers, sûrement
trop, et donc c'est très difficile à gérer. J'espère que cette année
nous allons trouver les bons équilibres, voir les joueurs ensemble et
éviter les problèmes de cohabitation. Il y a Marco Simone qui revient,
et vous savez qu'il n'est pas dans les meilleures relations avec l'entraîneur.
Bon… tous les deux ont dit qu'ils feraient des efforts… Ensuite, si
on a une bonne entame de saison, rien n'empêche d'envisager autre chose.
Sur le plan financier, quelles sont les solutions qui s'offrent
: contrairement aux grands clubs français (Canal Plus pour le PSG, M6
pour Bordeaux, Pathé Sport pour Lyon, etc.), l'ASM-FC n'a pas d'actionnaire
et l'Etat monégasque ne peut plus le subventionner comme par le passé
puisque le règlement l'interdit ? Serait-il envisageable qu'une entreprise
monégasque prenne le relais ?
La nouvelle société qui va gérer l'ASM a sa première assemblée générale
aujourd'hui même (le 10 juillet 2002 ndlr), et donc on en saura peut-être
un petit peu plus après. Ceci dit, il est vrai qu'on avait évoqué la
possibilité de voir des sociétés, y compris non monégasques, devenir
actionnaires. Bien sûr, il vaudrait mieux qu'elle soit monégasque, mais
rien n'est encore arrêté pour l'instant.
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