Interviews

Jérôme De Bontin

22 janvier 2003, Propos recueillis par Christophe Belleudi

Le "Monde des Princes" vous retranscrit ici l'interview de Jérôme De Bontin, publié par Le Parisien

Administrateur de l'AS Monaco depuis juillet dernier, Jérôme de Bontin est considéré comme le nouvel homme fort du club. Bourguignon émigré à Chicago, où il est patron de société et cogérant de l'US Soccer Federation Fondation, il explique ses projets pour sortir le club de l'impasse financière.

Comment Monaco peut-il combler son passif ?
L'avenir du club me tracasse. L'effectif est trop important, la situation difficile. Monaco a spéculé sur des profits éventuels de vente de joueurs. Mais le football connaît la même évolution que les bulles financières des valeurs technologiques en Bourse. Le président Campora est plus victime d'un système que responsable. Il n'a simplement pas réagi assez vite. Aujourd'hui, les décisions importantes sont prises au palais. Le prince Albert n'a pas l'intention de voir son club en L 2. Deux orientations se dessinent : l'arrivée d'un groupe extérieur à la Principauté ou la solution purement monégasque.

Campora préconise la première et vous la seconde…
Des divergences existent mais parler de deux projets conflictuels n'est pas totalement juste. Rien n'a encore été présenté au palais. Il existe quatre propositions : deux italiennes, dont une très en retrait, une allemande et la solution monégasque. Je suis contre l'idée de brader le club pour ouvrir, dès à présent, le capital à des investisseurs extérieurs. L'évolution peut s'effectuer en deux temps, sans être radicale. Le groupe d'investisseurs monégasques (NDLR : Pastor et Houdrouge, président et secrétaire général de la chambre économique monégasque, Manni et des investisseurs plus modestes injecteraient 35 millions d'euros) est suffisamment important pour honorer les obligations jusqu'à la fin de saison. Ensuite la question d'un investisseur extérieur se posera.)

Quand Monaco pourra-t-il proposer un projet solide ?
Les dates butoirs approchent. Un ou deux projets seront présentés au conseil d'administration en fin de semaine. Pierre Svara et moi représentons les intérêts du gouvernement monégasque et avons un droit de veto.

Vous êtes donc le nouvel homme fort ?
Je suis conscient de prendre du poids. Les joueurs et les entraîneurs viennent me parler. Il faut dire que j'ai accès au palais, ce que d'autres aimeraient avoir.

Etes-vous un opposant direct à Campora ?
Dire cela est une erreur. On se respecte mutuellement même si on ne fréquente pas les mêmes personnes. Il serait déjà parti si le palais en avait eu envie. Il peut cependant exister des désaccords. Sur Fedcominvest, par exemple, si le prince Rainier avait été consulté plus tôt, l'évolution aurait été différente. Monsieur Campora a agi trop vite, mais sans but personnel.

Comptez-vous prendre sa succession ?
Pas à court terme. Mais je peux être à Monaco une semaine par mois et aider au recrutement des personnes compétentes. J'ai plusieurs noms en tête pour préparer une succession annoncée. Je me limiterai au rôle d'administrateur, exécutif ou non, cela dépendra des Princes Rainier et Albert. Avoir leur confiance est significatif. Vendredi, l'AS Monaco passe en appel devant la DNCG suite à son interdiction de recrutement.

Tous les interviews de la saison 2002-2003


http://www.asm-foot.com
© VASELLI Nicolas, Grégory & DESVERNAY Stephane - 2002