Interviews

NONDA Shabani


Par Etienne Ballerini, l'Equipe du 05 août 2002

Le "Monde des Princes" vous retranscrit ici l'interview de Shabani NONDA, publié par L'Equipe

Sur le plan personnel, commencer ainsi la saison, ça vous donne des ailes ?
C'est clair ! Surtout que c'est suivi par une victoire et on a donc le sentiment de se sentir utiles. C'est important pour la confiance personnelle. J'ai des ambitions plus élevées. Je veux dépasser cette barre des seize buts marqués durant mes quatres saisons en France. Même si, chaque année, je restais dans une moyenne acceptable, je n'avais pas éprouvé la satisfaction de marquer que j'ai eue samedi sur les passes décisives de Rothen… Là, tu vois vraiment qu'il y a un jeu collectif, une équipe qui tourne. Notre rendement à nous, buteurs, est forcément dépendant du reste de l'équipe et ne peut être basé que sur les exploits personnels.

Vous semblez plus à l'aise, comme transformé ?
Ah oui? Non, je crois que ça vient du fait que les coéquipiers me mettent plus en condition et que, aussi, le travail d'avant saison paie. Je mise beaucoup dessus. Je retrouve un nouveau moral parce que je n'étais pas satisfait de mes deux saisons en Principauté : J'étais venu pour gagner des titres, et me retrouver quinzième donne un goût amer. Je ne suis pas le seul à dire ça. On en avait tous un peu marre de passer pour les guignols du championnat… On parlait toujours de qualité mais on n'arrivait pas à l'exprimer sur le terrain ni à faire ce qu'on attendait de nous.

On a l'impression que Monaco a voulu en un match oublier toute la saiosn dernière ?
On voulait tout simplement faire de ce match notre match référence pour la suite du championnat. L'entame est essentielle ; si on la loupe, on la paie tout au long de la saison. C'est ce qui nous a tués l'an dernier. Avec trois points et cette première victoire, on annule tous les mauvais records. C'est essentiel pour le moral.

On va encore reparler d'envie de revanche… c'est pénible non ?
Non, parce que c'est la réalité ! personnellement, j'en avais marre. Je m'étais dit : ou ça passe ou ça casse ! Je ne suis pas le seul à réagir ainsi : Gallardo est pareil, Rothen aussi, qui était venu pour gagner des titres, Giuly qui a passé une moitié de saison blessé et Marquez… tous on veut vivre autre chose...

Quelles sont les autres choses qui ont changé, qui expliquent ce nouveau visage ?
Il y en a beaucoup ! Acommencer par la préparation qui a été plus dosée. Il y a aussi un suivi plus individualisé au niveau du staff médical, qui cherche à résoudre chaque problème alors que la saison passée, il y a eu beaucoup de casse. Il y a moins de pépins physiques aujourd'hui parce qu'on te donne ce dont ton corps a besoin. Il y a également une implication plus grande du staff technique avec Jean-Luc Ettori et Jean Petit. Ils nous parlent beaucoup aux entraînements et avant les matches. Ils connaissent bien le club et le groupe. Ils apportent beaucoup par leur expérience.

Et Deschamps ? Est-ce qu'il a changé ?
Ouais...

En quoi ?
Je ne veux pas faire de polémiques mais c'est la réalité. Je crois qu'il partage plus le pouvoir. Il est plus à l'écoute des joueurs, et c'est bien pour nous. Et je crois aussi qu'il a tiré la leçon de la saison passée, où il découvrait tout. Il a analysé et compris beaucoup de choses. Il est plus impliqué, et il sait désormais que ça passe par lui mais aussi par les joueurs...

L'intervention du président Campora a eu également ses effets ?
Dans son discours d'avant-championnat, il a cherché avant tout à pointer nos faiblesse et dit qu'il fallait avoir comme objectif premier de travailler afin de retrouver le beau jeu. C'est sans doute un petit détail mais aujurd'hui à Monaco, c'est significatif ; on ne parle plus de primes ou d'objectifs fixés. On parle du match suivant tout en sachant que si ça marche bien on aura tout loisir de disctuter du reste. »

Malgré les conditions financières difficiles, les séquelles de fâcheries de l'an passé et un groupe trop étoffé qui peut encore suciter des conflits, ça marche donc mieux aujourd'hui ?
Oui car ce que je vois c'est des gars qui restent professionels et que je salue pour ça parce qu'il viennent s'entraîner sans rechigner, même s'ils sont dans des situations personnelles difficiles et que certains, c'est sûr seront deçus de ces choix. Et puis je crois que chacun s'est dit aussi que ça ne servait à personne de faire des problèmes, sachant qu'un joueur, on le connaît avant tout par ce qu'il montre sur le terrain. C'est le ballon, qui selon moi, doit primer.


La clé de la réussite de Monaco, cette saison, peut être son milieu de terrain, non ?
Oh ça c'est vrai : ça peut faire mal ! Avec Giuly Gallardo Rothen Zikos et Farnerud tournant à plein régime, il y a une qualité de jeu et une précision au milieu qui peuvent nous permettrent de rivaliser avec n'importe qui. Il faut continuer à être sérieux comme on l'a été jusqu'ici, ne pas s'enflammer.

Le plus dur reste à faire ?
C'est clair ! Et dans le vestiaire à Troyes, je vous jure qu'il n'y a pas eu d'excès et que personne n'a cru que c'était arrivé. Nous étions contents du résultat, de la manière ainsi que de l'état d'esprit. Mais chacun se disait qu'il resterait trente-sept matches à venir et pensait déjà au rendez-vous de samedi, contre Marseille.

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© VASELLI Nicolas, Grégory & DESVERNAY Stephane - 2002