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21 Avril 2002 - à Monaco - Par Stéphane MAGGI
Le "Monde des Princes" vous retranscrit
ici l'interview de Didier Deschamps, publié par football365.com
Didier Deschamps, si l’on vous dit que votre rôle d’entraîneur s’apparente
à un combat solitaire…
C’est un combat évidemment mais je ne le mène pas tout seul. En qualité
d’entraîneur, on me fait certes supporter la responsabilité des mauvais
résultats. Mais c’est la règle dans toutes les équipes de tous les pays.
L’entraîneur supporte 90% de la responsabilité des défaites mais guère
plus de 10% des victoires.
Que pensez-vous de ce rapport ?
Il est ainsi, peut-être pas très juste… Mais cela fait également partie
du rôle d’entraîneur que d’accepter cet état de fait. Pour mener ce
combat, je ne suis pas tout seul. J’ai tout un club à mes côtés et des
joueurs qui sont sur le terrain. Je reconnais avoir commis certaines
erreurs mais j’ai peut-être le défaut de le dire trop honnêtement. Alors
d’ici à m’accabler, il n’y a qu’un pas…
Un entraîneur ne disposant que des joueurs dépourvus de combativité
?
Je ne ferai pas d’analyse générale. L’équipe a d’abord souffert des
absences provoquées par les blessures de joueurs très importants. Il
faut ensuite préciser que les joueurs se battent mais pas toujours de
façon homogène. C’est le gros problème de l’ASM qui subit peut-être
moins de pression que certaines autres équipes et cela génère un certain
laxisme. Je m’en suis d’ailleurs expliqué avec les joueurs il y a peu
de temps en les rappelant à l’ordre. J’espère avoir été entendu et que
le message sollicitant plus de vigilance et de professionnalisme est
bien passé. J’y serai vigilant.
N’est-ce pas dans les moments difficiles que les supporters monégasques
devraient resserrer les liens autour de leurs joueurs au lieu de tirer
à boulet rouge ?
Cela devrait en effet être la vraie attitude du supporter. Cependant,
lorsque les mauvais résultats perdurent, on peut comprendre certaines
colères compte tenu que, outre leur qualité de supporters, ils sont
également des spectateurs qui mettent le prix pour voir un beau spectacle.
Qu’ils manifestent, cela se conçoit. Mais s’en prendre au président
ou à l’entraîneur… pourquoi pas ! Mais je me répète, ils ne sont pas
sur le terrain. Maintenant, il y a ceux qui prennent un malin plaisir
à écrire des choses négatives sur Monaco. Même lorsqu’elles sont majoritairement
positives, ils vont chercher le petit détail qui va faire le gros titre.
Je ne comprends vraiment pas les raisons de telles attitudes. J’espère
tout simplement que la motivation n’est pas la jalousie.
Il y a quatre ans, l’entraîneur de l’équipe de France avait été
malmené avant d’enregistrer les résultats que le monde entier connaît.
Quelle est votre déduction ?
Nous n’avons pas été champions du monde du jour au lendemain. Nous avons
essuyé pas mal de revers de fortune avant le titre suprême. Alors, je
suis tenté de dire, laissez-nous car l’équipe a besoin d’un gros travail
de reconstruction, ce que certains ne veulent pas comprendre en exigeant
des résultats immédiats. Sur les joueurs actuels, il n’en reste que
trois de l’équipe championne de France. L’effectif a été renouvelé à
près de 70%. Les joueurs arrivant de l’extérieur n’avaient pas, à la
quais-majorité, effectué une préparation physique d’avant-saison. Tous
ces handicaps seront surmontés mais je répète, laissez-nous un peu de
temps.
Bientôt la Coupe du Monde : n’avez-vous pas un petit pincement au
cœur ?
Le terrain ne me manque pas car j’ai la conviction d’avoir donné tout
ce que je pouvais quand il le fallait. Le petit pincement sera plutôt
provoqué par les à-côtés de l’événement, la vie de groupe, les affinités,
les complicités, l’amitié et le respect entre joueurs. Ça oui, ça me
manque. Et bien sûr, dans un peu plus d’un mois, je serai à fond derrière
eux.
Un message que vous aimeriez bien adresser ?
Que chacun prenne conscience de la réalité et la traduise en toute honnêteté,
quelle que soit sa forme d’expression. Il est toujours préférable de
venir vérifier soi-même plutôt que se fier à des rumeurs ou racontars
qui voudraient faire croire à une ambiance détestable entre joueurs,
entraîneur, président et autorités de la Principauté. Si nous avons
pris une gifle cette saison, c’est peut-être grâce à cette gifle que
bientôt nous relèverons et repartirons sur le bon et droit chemin. En
tout cas, je m’y emploie.
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