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13 janvier 2002 - à Monaco - Par Etienne Ballérini
Le "Monde des Princes" vous retranscrit
ici l'interview de Jérôme Rothen, publié par l'agence
Reuters
Q : Après de longues négociations et des retournements de situation,
finalement, c'est à Monaco que vous vous retrouvez. C'était votre volonté
?
R : Il y a eu des propositions de Rennes que j'ai refusées, puis des
pourparlers avec Nantes. Et finalement "grâce" à l'échec des pourparlers
entre les dirigeants troyens et nantais, Monaco est arrivé sur les rangs
et j'ai dit OK à Didier Deschamps et aux dirigeants monégasques. Ensuite,
ça s'est réglé assez vite. De toute façon, pour moi, entre Monaco et
Nantes, il y avait pas photo. En trois jours, les choses ont abouti.
C'est bien pour tout le monde et pour moi, c'est un soulagement parce
qu'on a beaucoup parlé de moi au niveau du mercato et ça finissait par
devenir un peu stressant.
Q : Les mauvais résultats de Monaco depuis le début de saison ne
vous ont pas freiné dans le choix ?
R : Non, car il y a une grosse équipe et avec de grands joueurs et c'est
ce que je recherchais pour apprendre encore et passer un pallier supplémentaire.
C'est donc bien pour moi d'être ici désormais avec l'envie de concrétiser
sur le terrain comme j'ai pu le faire à Troyes. J'ai confiance en moi
et j'ai la confiance du coach aussi, je vais donc tout donner. Je sais
que je dois relever un défi et que l'on attend beaucoup de moi. C'est
vrai que ça n'est jamais facile de changer de club et de surcroît en
cours de saison, mais je vais tout faire pour être opérationnel et efficace
le plus vite possible. C'est à moi de tout mettre en oeuvre pour réussir
ce gros défi, pour m'intégrer dans un groupe qui est en réussite aujourd'hui
et qui démontre qu'il n'y a pas de raisons de douter sur sa qualité.
A moi de faire en sorte qu'il puisse continuer sa belle série et d'enchaîner
sur de nouvelles victoires.
Q : C'était une priorité pour vous de rester en France ?
R : Tout à fait. J'ai eu des offres émanant d'Angleterre et d'Espagne,
mais pour moi, avec ma volonté de passer un pallier supplémentaire avec
des objectifs précis, il fallait que je passe par un grand club français.
Q : Le discours de Didier Deschamps a certainement dû être déterminant
dans votre choix ?
R : Ce qui a été important déjà c'est qu'il veuille que j'évolue dans
le registre que je préfère : côté axial gauche. C'était essentiel d'avoir
cette assurance. Et puis Didier Deschamps, ce n'est pas n'importe qui,
et Monaco, ce n'est pas n'importe quel club non plus. Je n'avais pas
de raisons de redouter quoi que ce soit.
Q : Caen, Troyes et maintenant Monaco, c'est une belle progression
dans un laps de temps assez bref ?
R : On espère toujours, quand on part d'un club de D2, jouer ensuite
dans un club de D1 et s'y montrer comme j'ai pu le faire à Troyes, puis
un jour, de se retrouver dans un club important comme Monaco. Le chemin
est fait mais le plus dur commence demain.
Q : Etait-il inconcevable de finir la saison à Troyes et d'attendre
un plus gros contrat en fin de saison ?
R : Je ne voulais plus rester à Troyes. J'avais eu une discussion franche
et honnête avec Alain Perrin et il était convenu que si j'avais une
belle opportunité, il me laisserait partir car c'était l'idéal pour
ma progression et mes objectifs. Alain Perrin, je lui dois beaucoup
et si je suis à Monaco aujourd'hui, c'est aussi grâce à lui.
Q : Etre un des joueurs les plus convoités du mercato, cela se vit
comment ?
R : Bien ! Parce que finalement, ce n'est que du bonheur en fait. Il
vaut mieux que l'on parle de moi comme ça qu'en mal. Mais c'est vrai
que, par moment, c'est déstabilisant car dans cette période il n'y a
pas eu que du bon au niveau de certaines rumeurs, comme de soi-disant
contacts avec Lyon ou Paris. Il y a eu également des complications concernant
des agents avec lesquels j'avais résilié mon contrat au mois d'octobre
et qui se sont montrés un peu revanchards en la circonstance. Mais ils
n'avaient pas fait leur boulot avant et c'est trop facile de se réveiller
quand le joueur est dans l'actualité. Les choses se régleront certainement
devant un avocat et une commission. Mais bon, je n'ai aucune rancoeur
de ce côté-là, mon plaisir aujourd'hui, c'est d'avoir signé à Monaco
et avec mes vrais agents.
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